Biographie

 «  La production de cet artiste le définit comme « a child of our time », notre temps qui est celui des « portes ouvertes » sur un univers où les problèmes, soucis, contradictions propres à nos jeunes  établissent l’évidence de styles, expressions et moyens d’exécution multiples et jamais encore connus jusqu’ici. La maitrise indispensable au créateur musical pour traduire dans sa musique les pensées et les sentiments qui le distinguent, confèrent à la musique de Marcel Goldmann une originalité incontestable. »

                                                                        Max Deutsch, 4 juin 1970

 

 Marcel GOLDMANN nait à Paris en 1934. Apres des classes d’écriture au Conservatoire de Paris où l’on compte parmi ses   maitres, Paule Maurice, Pierre Lantier, Jacques de la Presle…,

il étudie la composition avec un élève d’Arnold Schoenberg, Max Deutsch qui compta notamment, parmi ses nombreux élèves, des compositeurs comme Silvano Busotti, Eugen Kurtz, Donald Harris, Philippe Manoury, Amaury du Closel… Il écrit des critiques musicales pour plusieurs journaux  et, dans les années qui suivent 1963, participe avec Pierre Barbaud au développement de programmes de composition musicale assistée par ordinateur. Dans les années soixante, il contribue à la promotion de la musique contemporaine et participe notamment à la programmation de l’American Music Center de Paris où plusieurs de ses œuvres furent créées ; le Centre était alors dirigé par le compositeur et chef d’orchestre australien, Keith Humble.

 En 1969,  pour célébrer la participation de ses ordinateurs au lancement de la fusée « Apollo » sur la lune, la Compagnie Honeywell Bull représentée par Robert Caillon, lui commande « Hével » pour 5 récitants et ensemble instrumental où il fait pour la première fois de l’usage de micromodules, un principe d’organisation structurel qu’il développera dans un cycle de six pieces  du même nom dont le projet de réunion quelque peu utopique, constituera « Hével Havalim ».

 A partir de 1971, Goldmann s’intéresse aux correspondances entre musique et littérature et collabore avec plusieurs écrivains et poètes tels Michel Deguy, Hubert Lucot, Jean-Luc Parant, Claude Vigée, Jean Blot…Cette collaboration donne lieu à plusieurs opéras. Il publie également ses propres textes et poèmes et met certains d’entre eux, en musique.

 Dans les années soixante dix, il utilise certains instruments électroniques, tels les Ondes Martenot et écrit plusieurs pièces pour l’ondiste, Françoise Deslogères. Il écrit aussi pour les instruments Baschet, sculptures sonores faites de métal et de verre.

 Dans la même période, il participe régulièrement à des émissions de radio, celles notamment de Bernard Bonaldi, Georges Léon.., et écrit pour « l’Atelier de Création Radiophonique » de l’ORTF puis de Radio-France, atelier dirigé par Alain Trutat, plusieurs opéras dont un opéra mobile, «  l’Opéra pour un Graphe » créé à la Biennale de Paris 1971 et également, « l’Opéra des Yeux », sélection française en 1980 pour le Prix Italia .

 En 1973, l’une de ses œuvres, « Hével 6 »  est exécutée lors du premier concert de l’ensemble « l’Itinéraire », en présence et avec les félicitations d’Olivier Messiaen.

 Parallèlement, Goldmann publie des études sur Arnold Schoenberg, Darius Milhaud… et donne des cours et séminaires dans des universités et des écoles d’enseignement supérieur.

 En 1991, il s’installe à Jérusalem où il s’efforce par les cours  et conférences qu’il donne à l’Académie de Musique Rubin et à l’Université Hébraique de Jérusalem, de mieux faire connaître la musique française dans ses tendances récentes. Il poursuit, par de nombreuses œuvres, son travail de compositeur. Certaines d’entre elles sont sélectionnées par plusieurs concours, notamment les concours Liberson et Léonard Bernstein. Son opéra, « L’invitation au supplice »,  est créé en 1998 en Italie à Vérone, sous les auspices de l’Unesco, à l’occasion du centenaire de la naissance de Vladimir Nabokov, auteur du roman éponyme dont est inspiré le livret de Jean Blot. Sa derniere oeuvre, « Gespraech im Gebirg »sur un texte de Paul Celan, est créée a Paris en 2013, dans le cadre du Festival « Voix étouffées » .

 Marcel Goldmann a composé plus d’une cinquantaine d’œuvres qui, outre la France, ont été jouées dans de nombreux pays dont l’Italie, l’Allemagne, les Etats-Unis, la Russie, la Roumanie, Israel…, à l’occasion notamment de festivals, tels la Biennale de Paris, le Festival estival de Paris, les Semaines musicales d’Orléans, l’Autunno musicale di Como, le Synthetizer Musikfestival Braunschveig, le New York Composers’ Forum, le Festival de musique française de Bucarest, le Festival de musique israélienne contemporaine de Paris, le Festival Voix étouffées etc… et également, diffusées par de nombreuses stations de radio.

 A l’origine strictement sérielle, la musique de Marcel Goldmann a progressivement évolué à partir du cycle des « Hével », vers un sérialisme élargi fondé sur des « micromodules » qu’il utilise librement. Parallèlement, Goldmann a développé une technique de « construction mobile » fondée sur des « macromodules », modules musicaux qui peuvent être joués dans des ordres variés. Cette technique a atteint son plein épanouissement dans « l’Opéra pour un Graphe », tentative originale d’opéra mobile ainsi que dans « Commentaires sur Opéra pour un Graphe », libre paraphrase pour le piano dudit opéra.

 A partir de « l’Opéra des Yeux », la musique de Goldmann évolue vers un nouveau mode d’écriture où « modes imaginaires », nombres premiers et variations d’agrégats, se combinent pour créer un climat de fausses répétitions en « trompe l’œil » , « trompe l’oreille ».

 Dans « l’Octuor » pour violoncelles, « Back » pour quintette à vent et le « Troisième quatuor à cordes », Goldmann  enrichit sa palette d’une utilisation harmonique nouvelle des micro-intervalles.

 Plus récemment, une nouvelle forme, est apparue sous sa plume, le « Rondo-Pyramide », où chaque couplet et refrain est alternativement, refrain et couplet. La deuxième pièce de ce nouveau cycle, « Rondo-Pyramide 2 » pour violon, est créée à Paris en 2008.

 

 Ces différentes techniques donnent à la musique de Marcel Goldmann une intensité d’expression très personnelle. On a pu la qualifier de musique « polysémique », dont les multiples sens ne se révèlent que progressivement.